
Mayenne – Porteur (1882 – 1893)
Chantier : Grande Bretagne. En service : 21-08-1882, retiré : 04- 03-1893.
Caractéristiques : 180cv ; 40,90m X 6,60m ; en fer ; 2 mâts.
Observations : Coque et machine construites en Angleterre ; sert de transport sur le Haut Sénégal avant d’être livré à la Marine française le 21-08-1882 : Acheté par la Marine française ; 1883-84 ; Transport au Sénégal ; Retour en France, réparé à Toulon ; 28/07/1883 : Essais après réparations ; 07/1885-1893 : Armé comme transport de servitude et remorqueur à Toulon (1885 : cdt Rihouet) ; 04/03/1893 : Rayé à Toulon ; Vendu pour démolition.
Mayenne, ex Ettrick : Cargo construit en 1875 à Southshields pour l’armement anglais L FAULKNER ; acheté par F. LANGSTAFF (de Nantes), puis, en 1882 par la Marine nationale sous le nom de « Mayenne« et l’utilise comme transport, notamment pour le ravitaillement en essence de Port-de-Bouc à Toulon. Acquis en 1893 par Prosper DURAND qui lui garde son nom. Vendu en 1912 aux Chargeurs algériens réunis, incorporé à la liquidation de ceux-ci en 1919 à la compagnie mère, les Affréteurs réunis; désarmé à la faillite de ces derniers en 1923 et vendu à la démolition en Italie en 1926.
Le 11 mars 2008 – Réponse de Monsieur Paul BOIS à un courriel que je lui avait adressé.
Cher Monsieur, merci de votre courrier auquel j’ai le plaisir de pouvoir répondre sans tarder ayant retrouvé les renseignements demandés dans un travail que j’avais fait il y a plus de 20 ans sur les armements français d’Algérie (non publié mais déposé au Service historique de la Marine à Toulon). Armement Prosper Durant: Entreprise d’Armement maritime créée à Alger en 1881 dans le but d’exploiter des liaisons régulières entre Alger et Marseille d’une part et le cabotage côtier algérien d’autre part. Il commence avec un petit bateau de moins de 100tx puis, sept ans plus tard, acquiert un navire neuf un peu plus grand qu’il garde peu de temps. En 1893, il achète un transport de l’État et un autre petit navire en Angleterre. Dans les quatre années qui suivent la réception de 4 nouvelles unités lui permet de prévoir des rotations Algérie-France 3 fois par mois et le service des plages et ports algériens chaque semaine. Au début du siècle l’acquisition de 8 navires supplémentaires consolide la position de la Maison qui assure avec régularité les services mis en place jusqu’au moment où, pour des raisons personnelles, l’armateur se désintéresse de l’exploitation maritime. La plus grande partie de la flotte est cédée en 1912, aux Chargeurs algériens réunis qui reprennent à leur compte les lignes du littoral. Il ne restera sous le pavillon d’origine qu’un modeste service de remorquage dont les quelques petites unités subsisteront jusqu’en 1968, date de leur nationalisation par les autorités algériennes.

Chronique local
Le 18 janvier 1894 – Nouveau service de bateaux à vapeur.
Nous apprenons que sous peu de jours sera inauguré le nouveau service de bateaux à vapeur que les Transports maritimes Algériens (Prosper Durand), viennent de créer entre Alger, Dellys, Bougie, Djidjelli, Philippeville, Bône et vice versa :
C’est le paquebot la Mayenne, capitaine Vento, qui inaugurera ce nouveau service. La Mayenne jauge 600 tonneaux. Nous ne pouvons que nous féliciter, au nom de toute la région, de cette heureuse nouvelle, car ce sera pour tous, soit au point de vue du transport des marchandises, soit au point de vue de celui des voyageurs, une amélioration dans nos moyens de communications, à l’heure actuelle si minimes.
Nous croyons savoir que l’agence des Transports maritimes Algériens aurait été confiée à notre ami M. Grassi.
La Mayenne arrivera pour la première fois, à Djidjelli, mardi prochain. *(mardi 30 janvier 1894)
L’IMPARTIAL (DJIDJELLI) Organe républicain des intérêts de djidjelli & de la région 1894/01/28 (A5, N176) Cinquième Année N° 176
Le 18 mars 1894 – Acte de courage récompensé.
Il y a quelques jours, M. d’Esposilo, chef du trafic commercial de la Compagnie Prosper Durand, avait pris passage sur la Mayenne afin d’installer toutes les agences du littoral compris entre Alger et Bône. Son jeune enfant, âgé de neuf ans, l’accompagnait.
À Collo, M. d’Esposilo descendit à terre pour vaquer à diverses occupations ; la mer était houleuse.
En son absence, son fils, échappant à la surveillance des matelots, s’approcha d’un panneau ouvert et, se penchant un peu trop, tomba à la mer. Heureusement un marin du bord entendit, le cri de l’enfant, et sans perdre une minute il se jeta à son tour à l’eau et parvint, non sans peine, à le ramener à bord sain sauf. Instruit de ce fait, à son retour, M. d’Esposilo tirant son chronomètre, d’une valeur de 900 francs, s’empressa de l’offrir à litre de gage de reconnaissance au sauveteur de son fils ajoutant en outre un don de 500 francs en espèces. De pareils actes honorent tout à la fois et le sauveteur et le père de l’enfant. A l’un comme à l’autre nous adressons nos sincères félicitations.
L’IMPARTIAL (DJIDJELLI) Organe républicain des intérêts de djidjelli & de la région 1894/03/18 (A5, N183) Cinquième Année N° 183
Le 23 décembre 1894 – La Mayenne
Il arrive bien souvent aux marins de prétendre qu’il est impossible par un gros temps et une forte mer de pouvoir tenir un paquebot sur notre rade. Le capitaine du vapeur Mayenne appartenant à M. Prosper Durand, vient de nous démontrer le contraire.
Ce vapeur entré dans notre rade, jeudi soir, à cinq heures, par une mer en furie, y à jeté l’ancre et y est encore mouillé, à l’heure où nous écrivons ces lignes, bien que ballotté par d’immenses vagues venant du large et bien que le gros temps n’ait pas donné à son équipage un moment de répit.
Nous félicitons sincèrement le capitaine de la Mayenne de son courage car il a ainsi prouvé qu’un vapeur solidement ancré, pouvait par une mer des plus fortes rester à l’abri dans notre rade.
L’IMPARTIAL (DJIDJELLI) Organe républicain des intérêts de djidjelli & de la région 1894/12/23 (A5, N223) Cinquième Année N° 223
Le 27 septembre 1896
Évènement de mer.
Dans la nuit de vendredi à samedi dernier, la Mayenne, de la maison Durand, a eu une grave avarie de machine et est restée pendant cinq heures sans moyens de propulsion ni de direction.
L’accident s’est produit par le travers d’Azeffoun et faisait courir de sérieux périls à la Mayenne, quand le vapeur Schiaffino, parti d’Alger quelques heures après, vit le danger et se porta aussitôt au secours du navire en perdition qu’il remorqua jusqu’à Bougie.
Nous adressons ici nos plus sincères félicitations au capitaine Viani, du Schiaffino, qui ne manque jamais l’occasion de se montrer quand il y a un acte de dévouement à accomplir.
Le 10 octobre 1897
Une violente bourrasque s’est abattue samedi dernier sur noire ville et les environs. Trente-six heures durant, une pluie torrentielle n’a cessé de tomber grossissant les oueds et transformant nos campagnes en véritables lacs.
Dimanche le vent se mettait de la partie, soulevant la mer d’une façon épouvantable.
Sur rade, le vapeur Mayenne, de la maison Prosper Durand, était horriblement, secoué. Ce navire, parti le malin pour Bougie, fut obligé de rebrousser chemin à hauteur du cap Cavallo. Bonne inspiration, car la mer augmentait sans cesse et ce n’est pas sans danger qu’il aurait pu poursuivre sa route. La Mayenne est restée à l’ancre pendant trois jours, sans communication avec la terre. On juge des transes dans lesquelles se sont trouvés les passagers pendant ce laps de temps qui a dû leur paraître bien long.
Dimanche, vers trois heures, une embarcation s’est cependant risquée en se portant vers le vapeur, au secours des passagers qui faisaient des appels désespérés.
Du boulevard des écoles, une foule nombreuse suivait, anxieuse, cette tentative vraiment courageuse. Enfin, après mille dangers, quelques-uns arrivaient à terre ayant ainsi par miracle échappés à la mort…
L’IMPARTIAL (DJIDJELLI) Organe républicain des intérêts de djidjelli & de la région 1897/10/10 (A8, N370) Huitième Année N° 370
TRANSPORTS MARITIMES ALGÉRIENS
Dimanche 19 juin 1898
Prosper Durand, armateur
Le porteur du connaissement à ordre – B 96 sacs maïs du Danube 10077 k, chargés à Oran le 1er juin, sur vapeur Mayenne, par M. H. Beaupuy, avec transbordement à Alger sur vapeur Seine, est prié d’en prendre livraison sans retard.
À défaut de non retrait dans les quarante-huit heures du présent avis, la marchandise sera mise en tierce consignation aux frais, risques et péril de qui de droit.
Prosper Durand, armateur
Le porteur du connaissement à Ordre à B195 sacs mais du Danube 20156 K°s, chargés à Oran le 31 mai dernier, sur vapeur Mayenne, par M. Beaupuy, avec transbordement à Alger sur vapeur Seine, est prié d’en prendre livraison sans retard.
À défaut de non retrait dans lés quarante-huit heures, du présent avis, la marchandise sera misé en tierce consignation aux frais, risques et péril de qui de droit.
L’IMPARTIAL (DJIDJELLI) Organe républicain des intérêts de djidjelli & de la région 1898/06/19 (A9, N406) Neuvième Année N° 406
Dimanche 22 mars 1908 – La Mort de M. Jules Angéli
L’impression à Djidjelli.
Jules Angéli est mort subitement dans l’après-midi de dimanche dernier, terrassé par une attaque de congestion cérébrale, laissant une veuve et quatre enfants.
Dès que la nouvelle fut connue en ville, elle plongea tous les habitants dans la plus profonde consternation.
Arrivé en 1890 à Djidjelli, où il avait fondé le journal L’Impartial, Angéli fut vite séduit par le charme de ce pays et se consacra tout entier au développement de la prospérité d’une région qu’il aimait et où il ne comptait que des amis.
Toute la population, profondément émue, a suivi ses obsèques aux accents des marches funèbres exécutées par la Lyre djidjellienne. M. Antoine Angéli, rédacteur correspondant de la Dépêche Algérienne à Constantine, avait été avisé dimanche soir du décès subit de son unique frère et avait pris le premier train pour s’embarquer lundi à midi sur la Mayenne à destination de notre port. Mais une circonstance fâcheuse ne lui a pas permis de revoir une dernière fois son aîné qu’il affectionnait tant, la Mayenne, surprise par une forte tempête, ayant mis 66 heures pour venir de Philippeville à Djidjelli.
Tempête.
Par suite d’une forte bourrasque de vent du nord-ouest, les vapeurs côtiers ont eu beaucoup à souffrir dans leur service. C’est ainsi que la Mayenne, de la Cie Prosper-Durand, partie de Philippeville lundi dernier, à une heure de l’après-midi, n’est arrivée à Djidjelli que jeudi malin, à sept heures, soit une traversée de soixante-six heures au lieu de huit heures, après trois jours d’une effroyable tempête. Ce vapeur dont la solidité est à toute épreuve, a pu vaincre lès difficultés d’une mer en furie et venir se réfugier une première fois dans l’avant-port de Philippéville. Après une accalmie, il se présenta de nouveau devant le cap Bougaroni, mais les lames redoublant, d’intensité, l’obligèrent à se réfugier à Collo, dans un abri sûr, mais où il n’eut aucune communication avec la terre pendant près de quarante heures.
Nos félicitations au capitaine Caratini qui, par sa prudence jointe à ses qualités de marin, a su habilement éviter tout sinistre. A bord de la Mayenne, durant les soixante-six heures de navigation, se trouvait M. Antoine Angéli, frère de notre regretté directeur.
L’IMPARTIAL (DJIDJELLI) Organe républicain des intérêts de djidjelli & de la région 1908/03/22 (A19, N914) Dix-neuvième Année N° 914
Le 29 mars 1908 – Le temps.
Une nouvelle tempête, provoquée par une forte bourrasque de vent de nord-ouest, s’est déchaînée lundi et mardi dernier le long de la côte méditerranéenne. À Djidjelli, la mer qui avait démesurément grossi, rendait le port impraticable aux vapeurs de tous tonnages.
Les opérations maritimes ont repris mercredi. La Ville-de-Sfax, de la Compagnie transatlantique a, durant trois jours, débarqué un important chargement de chaux (800 tonnes), pour l’entreprise du port. La Ville-de-Bougie, de la Compagnie Jouvet-Schiaffino, a, de son côté, embarqué un fort chargement de balles de lièges durant les journées de mercredi et jeudi, pour Alger direct. Les vapeurs Norma, de la Compagnie Marc Leroux et Mayenne, des transports maritimes côtiers algériens, ont repris leur service régulier vers l’est et l’ouest.
La tempête était accompagnée de pluies véritablement torrentielles qui contribueront, espérons le, à l’abondance des récoltes. Par suite du débordement de l’Oued-Agrioun, une partie de la route de Sétif à Bougie, a été enlevée sur une longueur de 50 mètres, près de Souk-el-Tenine, interceptant les communications avec Djidjelli. C’est ainsi que le courrier postal de mardi dernier n’a pu passer, le remblai de la route ayant été entraîné par la crue de la rivière. A cet endroit, le service se fait au moyen d’un transbordement. Les travaux de réfection de la route, poussés activement, permettront bientôt aux voitures de franchir la lacune.
L’IMPARTIAL (DJIDJELLI) Organe républicain des intérêts de djidjelli & de la région 1908/03/29 (A19, N915) Dix-neuvième Année N° 915
Informations Maritimes
Vendredi 4 juin 1920 – Dans le port d’Arzew
Le 29 mai, le steamer « Warporder » de nationalité anglaise a été heureusement renfloué. Ce navire avait échoué en pleine rade d’Arzew. Nos sincères félicitations à M. Zagamé, président de la Société des scaphandriers d’Alger et à M. Costa, capitaine du vapeur « Mayenne » de la Société des Affréteurs Réunis, qui prit une part très active au sauvetage du « Warporder ».
Le Moniteur du commerce de l’Algérie. »Sémaphore (Le) algérien » Commercial Maritime & Industriel Nouvelle Série N° 1989



