
La Corvette « La Mayenne », désignée comme offerte au gouvernement, par le Département, lors d’une délibération votée en session extraordinaire le 8 Messidor an XI (27 juin 1803) par le conseil général de la Mayenne.
Faute de retrouver dans les archives, des traces de sa construction et de ses mouvements, nous avons peut-être, à la lecture de cette délibération, un élément de réponse à la question posée (Et pourquoi le choix du nom Mayenne) dans l’introduction du mélange : Mayenne sur Mers et Océans, paru en 2009, dans le bulletin N°31 (2008) de la SAHM. (P. Guyaux)
Le 8 Messidor an XI (27 juin 1803) le conseil général de la Mayenne se réunit en session extraordinaire, et vote la délibération transcrite ci-dessous.
Aujourd’hui huit Messidor l’an onze de la République française une et indivisible.
Les membres du Conseil général du Département de la Mayenne, extraordinairement assemblé sur convocation du Préfet, n’ont jamais autant senti le besoin de leur réunion que dans les circonstances qui l’opèrent.
Guerre ! Vengeance ! Tel a été le cri unanime des membres du Conseil. Tel est celui des habitants de la Mayenne dont ils sont les interprètes.
Puisse ce concours d’indignation punir l’avare et le perfide Albion !
Le Conseil n’a pas calculé les moyens du Département : il ne se souvient plus ni des pertes sans nombre qu’il a éprouvé, ni de la surcharge des impositions qui le grèvent ; Il sacrifie tout à la patrie, et arrête :
Article Premier. Le Département de la Mayenne offre une corvette au Gouvernement : Elle portera le nom de Mayenne
Art. 2. Il sera imposé une somme de Deux-cents cinquante mille francs, par addition de dix centimes à ceux déjà imposé pour l’an 12 sur la contribution foncière, mobiliaire, personnelle et somptuaire, portes et fenêtres et patentes.
Article 3. Les propriétaires seront seuls tenus d’acquitter cette addition aux centimes additionnels sur la contribution foncière, nonobstant toutes dispositions ou conventions contraires avec leurs fermiers, colons ou locataires, auxquels ils en tiendront compte dans le cas ou ils en auraient fait l’avance.
Art. 4. Les citoyens Guitet et Dalibourg, membre du Conseil sont par lui désigné pour ce concerter avec le Préfet sur les moyens d’exécution.
Art. 5. Le Conseil invite le Préfet du Département à transmettre au Gouvernement le présent arrêté et l’adresse d’y réussir.
Signatures : Daubert, Champion Sourderie, Plaichard, Choltière, Dalibourg, J. Guitet, M.J. Bonchamp, Lair

Histoire de la Révolution dans la Mayenne
En mars 1802, le département vota avec enthousiasme pour le consulat à vie ; le préfet « Nicolas François Harmand » en annonçant, le 7 juillet, le résultat des élections au ministre de l’intérieur, ajoutait ces détails : « Il me manque encore le résultat de huit communes ; il résulte de ceux qui sont entre mes mains, que 30 361 citoyens veulent que Napoléon-Bonaparte soit Consul à vie ; 59 seulement ne sont pas de cet avis ». Enfin, le 23 août, le sénatus-consulte, proclamant Napoléon consul à vie, était publié à Laval et dans tout le département au milieu des réjouissances publiques. […] Les fonctionnaires de Mayenne plus courtisans que les autres, émettaient le vœu « que la dignité impérial fut accordée à Bonaparte et déclaré héréditaire dans sa famille » (7 mai 1804). Le 8 juillet le préfet applaudissait des deux mains « au grand acte du Sénat, qui interprète du vœu général de la France, avait investit le héros, auquel elle avait confié le soin de son bonheur du titre auguste d’empereur des français » Le département avait donné 14 752 voix pour l’Empire. Il offrit une corvette La Mayenne, pour la descente projetée en Angleterre. (Gaugain F)
Construire une Flottille dite par la suite « de Boulogne » pour envahir l’Angleterre, invasion qui au final n’aura pas lieu. Pour comprendre cet épisode de notre histoire, je vous redirige, vers l’étude de Michèle BATTESTI
